Thierry Tillier speaks
interview by Frédéric Vertessen
Working on the cutting edge of the world
interview by Annabelle Dupret in FLUX-NEWS, 2011
Libertinage imagier
Claude Lorent, Arts Libre supplement to LA LIBRE BELGIQUE, Friday May 20, 2011
Thierry Tillier, politique du collage
Dominique Legrand, LE SOIR, Wednesday February 16, 2005
Thierry Tillier with the hanches
Jean-Pierre Verheggen, Mazy, Belgium, December 14-15, 2002
Si j’écris : un ange passe !
Un ange passe et on entend
une mouche voler, vous m’suivez ?
vous êtes en pays de connaissance,
pas vrai ? Mais si j’écris :
une hanche passe et on entend
un manche vibre,
là vous vous mettez à douter
alors que je ne prétends nullement
que vous êtes en train de vous masturber
- ( encore que, si c’est le cas,
grand bien vous fasse ! ) –
mais quelque chose d’autre se passe
qui est de l’ordre de la poésie du coupé-collé
à la Tillier !
Le manche, à sa manière,
pouvant être l’idiot de la Famille
dont parle Flaubert
et ce qui le fait vibrer
un souvenir d’enfance
ou sous la table de guet – en attente ! –
T.T. découvre le coup de ciseau expert
- Aveuglant éclair ! –
d’une belle et féminine paire de jambes
de Mère ou voisines caquetantes
des longs et tristes dimanches
carolo-matantes !
Mais donc question d’éclair (cir) les pistes (sic)
note le Mômô Ludens
qui multiplie les signes photographiques
ou on le voit en Môme Hourra entre deux automobiles à pédale,
un picador de rodéo
et un magicien d’Oz de Saint-Nicolas
- D’osage , quoi ! –
Mais bondage de bondage,
Mais c’est bien sûr, il suffisait d’y penser
comme disait le commissaire complètement bourré, (à la tv)
ça crève l’écran !
Non pas qu’il faille replonger
notre grand corps fatigué
dans la Fontaine de Jouvence éternelle
- qu’on fût rat des villes
ou rat des champs, autrefois ! –
( on n’en est plus là ! )
mais d’oser, faire le pas,
sans trop affabuler
ni tout rembarrer
de ce qui se met à affluer !
on peut, en effet, imaginer
une poitrine génétiquement modifiée
mais un clitoris décaféiné
( faudrait goûter )
Par contre le rat Devil
et le rat Duchamp,
là, le niveau remonte nettement
plus haut que le niveau des pâquerettes !
Attention ! Pas trop haut
cependant – ça pourrait faire tourner la tête ! –
Ni trop bas
sans risquer l’échelle aux bas
comme lorsqu’un porte-jarretelle
devient une gaine faciletert en flamand
( on repique du nez carrément
dans les querelles linguistiques
de notre chère Belgique
sous-régionaliste ! )
Bref ! On ne montre pas n’importe quoi
à n’importe qui
et on ne monte pas, non plus,
avec la première Venue
- de Milo ou d’ailleurs, du reste ! –
qui vous dit chéri !
On choisit, ou du moins : on réfléchit
On ne dit pas : Dim 'oi qui tu hanches
à n’importe quelle jeune oie blanche
comme on le demande
à la vieille Fesse du Logis !
Si Coca-Collage sponsorise n’importe quel collage,
Coxal-Collant, lui est plus exigeant
Pour la colle, aussi !
On préférera, s’il le faut,
l’ancestrale glu – plus lente
à prendre qu’un oiseau ! –
mais extraite du trio
gli glo glu cher à Michaux
au glutamate de pétasse
comme exhausteur des goûts
les plus porno-fadasses !
cut up et cul hot,
si ça vous botte
mais convaincus
qu’une petite culotte qui suggère
est souvent plus efficace
qu’un vagin qu’on démultiplie grand ouvert !
L’a-t-on bien fait entendre ?
Thierry Tillier est un poète d’aujourd’hui
à envolée lyrique en lycra
( c’est l’un des tissus de sa modernité )
il porte un porte-jarretailes
- écrivons le comme ça ! -
entre les scarabées de Jan Fabre
et les lépidoptères de Dracula,
il dit je t’aime aux femmes nues de son choix,
on n’a rien dit de mieux depuis Apollinaire,
n’est-ce pas ?
Thierry Tillier. Devil/Paradis, mail art et autres fanzines
Pierre-Olivier Rollin, L'ART MêME #6, 2000






